Patrimoine industriel
L’histoire de ce domaine commence au XVIe siècle, lorsque la vallée de la Rulles s’industrialise. A cette époque, plusieurs éléments concourent à la création de cinq industries à quelques kilomètres les unes des autres. Le fort débit de la Rulles et l’importante forêt autour permettent aux industriels de subvenir à leurs besoins en énergie hydraulique et en charbon de bois.
Ferdinand d’Everlange construit les premières usines sur le site du Pont d’Oye. Deux autres maîtres reçoivent des concessions analogues : Gérard Chapion et Adam Régnier. Ce dernier sera contraint de céder sa forge au Roi en 1624. A la suite de cet évènement, elle prit le nom de Forge du Prince.
Le début du XVIIe siècle est marqué par la peste et les guerres. Les usines connaissent alors une période difficile. En 1637, Pierre de Moustier, originaire de Chimay, déjà propriétaire de nombreux fourneaux, prend la forge du Prince pour un bail de douze ans. A sa mort, c’est sa veuve Jeanne Petit qui reprend le domaine.
La marquise du Pont d'Oye
Par la suite, le domaine du Pont d’Oye passe entre les mains d’autres propriétaires. Parmi ceux-ci, il y a Louise de Lambertye qui va marquer la seconde moitié du XVIIIe siècle de son empreinte. Elle fit du domaine, un lieu célèbre pour ses fêtes somptueuses et ses salons littéraires. On compare alors les réjouissances du Pont d’Oye à celles de Versailles: réceptions démesurées, jeux nautiques sur l'étang, mascarades, galantes parties de cache-cache dans les buissons,…Ces fantaisies attirent des personnages illustres comme le Roi Stanislas, Madame du Châtelet ou encore Voltaire.
« Il manquera d'eau dans la Rulles avant qu'il manque d'or dans les caves du Pont d'Oye». Voici la réplique de Louise de Lambertye à ceux qui s’étonnaient du faste et du coût des fêtes du Château. Mais, un tel train de vie mène vite à la ruine. Malade, la Marquise du Pont d’Oye mourut dans le dénuement total sur la paille des écuries du Château à cinquante-trois ans.
Pierre Nothomb
Durant la Révolution française, le Château est pillé et les usines vendues par actes séparés. En 1810, Antoine Joseph Albert reprend le domaine et rase une grande partie de l’ancienne demeure seigneuriale. Il construit en 1827 un nouveau manoir, à l’endroit où s’élève le château actuel.
En 1846, le nouveau propriétaire Constant d’Hoffschmidt transforme les usines pour en faire une papeterie mécanique. Cette dernière ferme ses portes en 1884. Le Château passe aux mains du baron de Pitteurs-Hiégart qui en fait se demeure familiale.
Toute activité industrielle prend fin et le Pont d’Oye est transformé en une belle propriété privée.
En 1932, Pierre Nothomb devient le nouveau propriétaire du Château du Pont d'Oye. Ecrivain et poète, il donne une impulsion extraordinaire à la vie artistique et intellectuelle de la région. Il décède en 1966 et conformément au vœu qu'il avait exprimé, il repose au cœur même du domaine du Pont d'Oye, le havre de ses songes pendant près d'un tiers de siècle.







































